--- Accueil --- Notre Equipe --- Blog --- Contact Accompagner les changements individuels et collectifs
04 42 63 27 84
Logo Cabinet Perspectives et Ressources Aix
Comment are off

Prévenir et gérer les addictions en milieu professionnel

L'exemple du Conseil Départemental 13

Prevention RPS addiction en milieu professionnel Aix Marseille PACA.

Les conduites addictives peuvent mettre en danger la santé et la sécurité des salariés. Elles sont notamment à l’origine d’accidents du travail par modification de la perception du risque et/ou prise de risque, par perte d’attention ou de vigilance, par mise en danger du salarié lui-même ou de ses collègues, etc...

La prévention et la prise en charge des addictions sont nécessaires dans les entreprises. C’est dans ce contexte que le Conseil Général des Bouches du Rhône s’est engagé fortement dans la mise en œuvre d’un dispositif de prévention et de gestion du risque alcool au sein de ses services.

L’interview de l’Ingénieur de Prévention de la Direction des Ressources Humaines retrace la mise en œuvre et l’intérêt d’un tel dispositif de prévention.

 

 

L'Interview de Jean-Daniel QUIDEAU
Ingénieur de Prévention
Conseil Départemental des Bouches du Rhône

La Direction des Ressources Humaines a entrepris une démarche de prévention du risque alcool au sein des services de la Collectivité. Qu’est-ce qui a amené à ce projet ?

J-D Q : Dans le cadre de la refonte du règlement des véhicules de services, la problématique alcool a été mise en lumière. La Collectivité a choisi l’axe principal de « la Santé Sécurité au Travail », pour aborder la question de la Prévention alcool au sein des services. Il s’agissait à la fois d’une sécurisation du risque juridique de l’Institution, mais aussi d’une amélioration du service public rendu aux usagers.

 

Quels résultats souhaitiez-vous obtenir ? Qu’avez-vous obtenu ?

J-D Q : Nous souhaitions accompagner les Cadres de la Collectivité pour leur permettre, sur la base d’un référentiel collectif construit, de pouvoir intervenir de façon adaptée sur toutes les situations en lien avec le risque alcool. Leur permettre également d’identifier un réseau d’acteurs travaillant sur ces problématiques.
Nous avons produit « un Guide avec son mode d’emploi » sur des exemples de cas de figure rencontrés sur le terrain par l’encadrement : Comment gérer l’introduction de boissons alcoolisées quand il y a un événement programmé ? Comment réagir par rapport à une consommation abusive d’alcool constatée ? Avec qui travailler au sein de la Collectivité en cas de signalement ? Comment remonter les informations pour permettre à l’agent d’entamer s’il le souhaite un processus de soin ?
L’ensemble des acteurs de la Collectivité peut maintenant mettre en œuvre une gestion homogène et professionnalisée pour gérer et prévenir le risque alcool au sein des services.

 

Par rapport à votre expérience dans le domaine de la Prévention des addictions, quels sont les éléments incontournables à ne pas manquer pour réussir à mettre en œuvre ce dispositif en interne ?

J-D Q : D’abord, faciliter l’appropriation des outils de Prévention par les Cadres Intermédiaires, les aider à repérer leur rôle dans la prévention et la gestion des addictions sur le terrain et à utiliser les outils à leur disposition.
Ensuite, communiquer massivement auprès des agents sur la Prévention mise en œuvre, par des réunions d’information auprès des Directions. Aider à une prise de conscience de la problématique des addictions. Quels sont les risques engendrés ? Quelles sont les règles clarifiées au sein de la Collectivité ?
La mise en place d’outils de gestion fournit un cadre dans lequel la Collectivité peut s’atteler à régler les problèmes rencontrés. Les effets ne seront pas immédiats, pas spectaculaires. Mais il convient de s’appuyer sur des indicateurs pour évaluer l’impact du dispositif de prévention.

 

 

Quel a été votre rôle dans la mise en œuvre de ce projet ?

J-D Q : La Collectivité a souhaité faire intervenir un Cabinet extérieur en appui du projet, pour inclure des spécialistes des addictions, pour garantir un regard extérieur et une neutralité sur un sujet délicat. J’avais déjà mené ce type de projet dans un précédent poste à la Ville de Paris. L’important dans cette démarche, c’est de tenir compte des spécificités de la Collectivité et de prendre le temps de franchir chaque étape méthodologique : 1) un appel au volontariat ; 2) un diagnostic partagé ; 3) des objectifs visés dans un plan d’action ; 4) un ensemble d’outils créés pour la déclinaison des actions. Prendre ce temps n’a rien de superflu. Cela favorise la mise en œuvre d’un projet fouillé et structuré.

 

Quelles perspectives d’avenir ont émergé pour la Collectivité ?

J-D Q : Ce projet a incité la Collectivité à porter son attention sur les facteurs de risque et la façon de les gérer. L’encadrement intermédiaire doit s’approprier les outils créés et interroger les conditions de travail. Comment aider à faire diminuer la prégnance des facteurs de risque (travail répétitif, isolé, de nuit) ? Quel management de la conduite du changement et des organisations peut accompagner la DRH ?

 

Qu’est-ce qu’il devra se passer selon vous pour continuer à entretenir la dynamique interne propice à la Prévention des addictions ?

J-D Q : Faire un transfert de compétences dans les Directions. La dynamique aura fonctionné quand la diffusion d’information se fera sans la DRH. Des agents ont suivi ce projet et ont participé à l’élaboration des outils de prévention. Ils pourront reprendre à leur compte les outils et les faire vivre au sein des services. Les encadrants sont directement concernés par la mise en œuvre de ce dispositif de prévention.
A poursuivre : des séances de sensibilisation par site, une journée Prévention alcool dans la Collectivité, des retours d’expérience, une formation des managers, etc.

 

Propos recueillis par Nathalie BAUD